En tant qu’habitant d’Auvers-sur-Oise il n’est pas toujours aisé de rester au fait de l’actualité municipale. Les supports pour y accéder sont nombreux, et pourtant, il est toujours relativement compliqué de se tenir au courant, pour un certain nombre de raisons sur lesquelles nous allons nous pencher aujourd’hui.
Auvers Mag’, le bulletin municipal
Disponible sur papier et en version électronique, le bulletin municipal auversois ne brille guère par son originalité, sa réactivité vis-à-vis de l’information ou encore la profondeur de son propos. En cela, il est comme la totalité des « feuilles de chou » municipales de France et de Navarre, dont la rédaction doit relever de la punition pour ceux qui en ont la charge. Bien entendu, il reste un support indispensable, et pas uniquement pour ceux de nos concitoyens qui toute leur vie resteront mal à l’aise devant un écran et un clavier d’ordinateur.
Pour les citoyens plus à l’aise avec le flot continu d’actualités qui inonde notre quotidien en ce début de troisième millénaire, le fait qu’un périodique comme Auvers Mag’ existe encore a malgré tout une véritable utilité. Son décalage avec le rythme frénétique de la société moderne, ou encore le fait qu’avec une parution quadriannuelle il faille choisir avec soin les information dignes d’y figurer, tout cela lui confère une forme de dimension historique, comme un genre de chronique du temps présent laissée en héritage aux générations futures.
Enfin bref, je m’emballe peut-être un peu, mais il me semble que conserver un bulletin municipal est indispensable, car cela permet de mettre en lumière les priorités qui sont celles de l’équipe municipale en place. On pourra bien sûr regretter que tel ou tel sujet n’y figure pas, pour des raisons qu’on pensera souvent partisanes surtout si on n’a pas voté pour l’équipe aux commandes, mais enfin, d’un bulletin municipal on peut difficilement exiger qu’il se montrât critique envers la municipalité qui finance sa rédaction et permet donc son existence. Bref, très incomplet, mais indispensable.
Communiquer sur Internet, cet art méconnu
Aujourd’hui, qui veut communiquer se doit de le faire en priorité sur Internet. Parce que nous en sommes là de l’infiltration de la technologie dans notre quotidien, parce que c’est l’époque ma bonne dame, que voulez-vous. Alors oui, Auvers-sur-Oise est sur Internet, mais honnêtement, Auvers-sur-Oise ne sait pas où se mettre sur internet. Entre le site officiel de la ville, la page Facebook « Mairie d’Auvers-sur-Oise » apparemment en cours d’abandon, la toute récente page Facebook « Auvers Sur Oise » probablement destinée à remplacer la précédente, le profil Facebook de Mme Isabelle Mézières (maire de la ville) ou encore le groupe Facebook « Auvers, j’y vis, je l’aime » administré par (entre autres) deux adjoints au maire, il faut bien avouer que l’on s’y perd un peu.
Si toutes les actualités importantes étaient relayées sur l’ensemble de ces supports, il n’y aurait pas de problème. La difficulté réside dans le fait que l’information est en réalité disséminée entre eux, si bien que tantôt il faudra aller se renseigner sur la page Facebook de Mme la maire, tantôt sur le site de la ville, tantôt sur la page Facebook de la ville, et ainsi de suite. Et je n’exagère pas. Par exemple :
- Le 8 juillet, sur les pages Facebook de Mme Mézières et « Auvers Sur Oise« , le début des travaux de remplacement des fenêtres des écoles des Aulnaies et de Chaponval est annoncé, tandis qu’aucune information sur le sujet n’apparaît sur le site internet de la ville,
- Le 6 juillet, la page de Mme Mézières annonce la signature d’une convention avec Vel’Overs (société de location de vélos électriques), ce qui ne figure pas sur la page « Auvers Sur Oise » ni le site de la ville.
- Quelques jours après les pluies diluviennes de la fin du moins de juin dernier, la ville reproduit sur son site un long article du SIAVOS (Syndicat d’Assainissement de la Vallée d’Oise Sud) revenant en détails sur les coulées de boue qui se sont produites, mais ni la page « Auvers Sur Oise » ni celle de Mme Mézières n’en font mention.
Et ainsi de suite. L’information est en général diffusée, malheureusement sa localisation relève bien souvent de l’aléatoire.
Site internet de la ville : peut mieux faire ?
Le site de la ville existe, le minimum syndical est bien respecté. Son contenu est relativement complet, mais avec une ergonomie aussi datée que douteuse, il mériterait d’être sérieusement revu au niveau du design. Ainsi, l’article sur les coulées de boue que j’évoquais plus haut y est accessible soit via un bandeau cliquable en haut de page renvoyant vers l’article d’origine sur le site du SIAVOS, soit via un lien défilant sur un bandeau riquiqui (si vous me passez l’expression) qui, lui, renvoie vers une copie de l’article hébergée sur le site de la ville.
Le principal reproche que l’on peut faire à ce site est qu’il ne donne pas les actualités du moment, lesquelles ne sont, à peu de choses près (Cf. coulée de boue), accessibles que sur Facebook. Alors qu’en réalité, de la place pour faire figurer l’actualité, il y en a, puisque que le corps principal de page d’accueil du site est occupé par un genre d’agenda qui trouverait facilement sa place ailleurs. Aujourd’hui, sur les 7 entrées d’agenda figurant à la meilleure place de la page d’accueil, 2 sont un rappel de date de collecte du verre en vue de son recyclage, et 3 sont un rappel de date pour la distribution de sacs destinés au déchets végétaux. On a vu plus passionnant.
Pour parler un peu technique, le site semble tourner sur une plateforme CMS telle que WordPress, Drupal ou Joomla, il n’y aurait donc pas grand-chose à faire pour lui permettre d’offrir un contenu un peu plus intéressant sur la page d’accueil, comme par exemple des sujets d’actualités aujourd’hui abordés sur des pages du mastodonte américain Facebook.
Facebook : mais pourquoi ?
Chacun est libre de faire ce qu’il veut, je fais personnellement partie de la clique des hurluberlus qui n’ont de compte ni chez Facebook, ni sur Instagram, ni sur Whatsapp, ni sur Twitter, ni sur aucun réseau social à vocation commerciale. Peut-être parce que je désapprouve certain des ressorts qui font leur succès, et déglinguent gentiment les repères moraux de notre Société en général et de notre jeunesse en particulier (si vous aimez vous faire peur, je vous renvoie à cet excellent bien qu’effrayant documentaire diffusé récemment sur LCP). Bref, chacun sa route, chacun son chemin, lâche donc la grappe à ton voisin.
Le fait de ne pas avoir de compte sur le site de Mark Zuckerberg est un inconvénient majeur lorsqu’on habite à Auvers-sur-Oise. En effet, celui qui n’a pas de compte Facebook ne peut accéder ni aux publications de la page Facebook « Auvers Sur Oise » ni à celles de la page personnelle de Mme Mézières, ces deux canaux étant pourtant les seuls où figurent rapidement la plupart des actualités qui concernent la ville. Et parfois ce sont des informations importantes. Qu’elles figurent sur Facebook, ma foi, tant qu’elles ne me concernent pas personnellement, pourquoi pas, mais est-il acceptable qu’elles ne figurent nulle par ailleurs ? Non.
Sans aller jusqu’à appeler à l’arrêt de l’utilisation de Facebook pour la diffusion d’informations municipales, ce canal, dont il est bon de se rappeler qu’il appartient à une société à vocation commerciale américaine et qu’il ne s’agit donc en aucune façon d’un genre de service public, devrait n’être qu’un canal secondaire de diffusion d’information. La ville possède un site internet, que la municipalité l’utilise en tant que canal de diffusion d’information principal, quitte à partager par la suite ses publications sur tout réseau social qui lui siéra ! Mais qu’elle n’exclue pas sciemment une partie de ses administrés.
Quels autre moyens de s’informer ?
Chercher sur internet, tout bêtement
Auvers-sur-Oise étant une ville de taille modeste, il est évident que la presse nationale ou même régionale ne lui fait que rarement l’aumône de son attention, tant les faits d’actualités propres à faire la une ont tendance à se passer ailleurs que chez nous. Ce n’est hélas pas tous les jours qu’on découvre des racines peintes par Van Gogh il y a plus d’un siècle.
Pour être certain de ne rien rater, vous pouvez de façon régulière (pas nécessairement quotidienne) effectuer une recherche sur le nom « Auvers-sur-Oise » dans votre moteur de recherche préféré. Ce dernier disposera généralement d’options vous permettant de faire votre recherche exclusivement sur les sites d’actualités, en limitant les résultats aux pages mises à jour il y a moins d’une semaine ou moins de 24 heures. C’est tout bête mais ça marche.
Enquiller les documents administratifs au kilomètre
Aujourd’hui, la tendance est à l' »open data », façon très stylée de parler de la transparence des informations détenues par les administrations publiques. La plupart des communes, et la nôtre en particulier, mettent par exemple à disposition sur leur sites web l’ensemble de leurs actes administratifs (pour Auvers, ça se passe ici, avec souvent une qualité de scan très limite). Pour ce qui nous concerne, la préfecture du Val d’Oise et la préfecture de la région Ile-de-France le font aussi sur leurs sites respectifs.
Les documents sont présentés en général sous forme de recueils les regroupant, recueils pouvant aller de quelques dizaines de pages à quelques centaines. Autant dire qu’en général, notamment pour les document préfectoraux, vous avez plutôt intérêt à savoir ce que vous recherchez, et aux environs de quelles dates. Pour ce qui est des recueils d’actes administratifs (ou RAA) de notre commune, ils sont en général moins touffus et plus digestes, il est toujours intéressant de se pencher dessus.
L’intérêt des RAA est qu’ils vous permettent parfois d’obtenir plus de détails sur des informations sur lesquelles les responsables des organes officiels ne souhaitent pas forcément s’apesantir. Par exemple, notre ville, en raison de son retard sévère dans la construction de logements sociaux se voit depuis quelques années imposer un prélèvement budgétaire annuel de plus de 300 000 euros. Évidemment, ce sont autant de sous en moins dans le budget municipal.
Pour traiter ce sujet, les élus de la majorité municipale font le choix dans la Tribune Libre de l’Auvers Mag’ n°19 de janvier 2021 de parler d’une « injuste pénalité » infligée à la ville et disent leur intention de demander à bénéficier d’une exemption au regard des spécificités de notre commune justifiant le non respect des objectifs fixés dans l’article 55 de la loi SRU. Évidemment, si la pénalité est injuste, pourquoi ne pas la contester, si cela est possible.
Il est toutefois intéressant, après s’être informé sur l’article 55 de la loi SRU, de prendre connaissance du détail de la décision de la préfecture du Val d’Oise d’augmenter encore le montant du prélèvement annuel auquel sera soumis Auvers durant les trois prochaines années. Ce détail se trouve dans le RAA du 31 décembre 2021 (partie 1/2), à la page 384 du PDF (qui en compte 433) mis à disposition par la préfecture, sous la forme d’un arrêté prononçant la carence pour notre commune.
L’arrêté en question est rédigé sur 3 pages, dont une page entière ou presque (la deuxième) dédiée aux considérants motivant la décision. En prenant le temps de lire ces 3 pages on bénéficie d’une explication particulièrement détaillée, au point, me concernant, d’avoir du mal à estimer que le prélèvement annuel figurant dans cet arrêté constitue une injustice. Mais ce n’est que mon avis.
Bref, les RAA, c’est le bien, mangez-en.
Le meilleur pour la fin
Ben oui, vous êtes arrivés jusqu’à la fin de l’article ou presque, vous méritez bien une petite récompense ! Désormais, vous disposez d’une nouvelle source d’information concernant Auvers-sur-Oise et la CCSI, j’ai nommé Auvers.info. Plus fouillé que des publications Facebook ou un bulletin municipal, volontiers plus critique que les écrits émanant d’élus de la majorité en place, plus investi parce que rédigé par un habitant de la commune, vous trouverez nécessairement sur ce site une information différente de celle disponible ailleurs.
Je ne prétends pas disposer d’une exclusivité sur le concept, j’invite donc tous ceux suffisamment motivés pour se lancer dans une aventure similaire à franchir le pas, de leur côté. Pour que chacun puisse se faire sa propre opinion, il faut un maximum de sources et de regards différents, alors sans rire, si vous aussi vous pensez avoir un point de vue à défendre sur la façon dont la ville et la CCSI sont gérées, n’allez pas gâcher votre talent dans des commentaires Facebook dont tout le monde se fout, montez votre site internet aussi, ce n’est pas bien compliqué, vous verrez (je peux même donner un coup de main si c’est demandé gentiment).
Plus on s’exprime, plus on a des chances d’être entendu. C’est aussi simple que ça.